Entreprendre pour le développement

Créée en 1977, PROPARCO est une institution financière de développement dédiée au secteur privé conjointement détenue par l’AFD et par des actionnaires publics et privés du Nord et du Sud. Sa mission est de catalyser les investissements privés dans les pays émergents et en développement en faveur de la croissance, du développement durable et de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement, définis en 2000 par les Nations unies.

Adaptée au niveau de développement des pays, son activité se concentre sur le secteur productif et les services, les systèmes financiers, les infrastructures et le capital-investissement, qui permet à des entreprises d’augmenter leurs ressources financières. La Société investit dans un champ géographique allant des grands pays émergents aux pays les plus pauvres, notamment en Afrique, avec un degré élevé d’exigence en matière de Responsabilité Sociale et Environnementale. PROPARCO propose une palette complète d’instruments financiers permettant de répondre aux besoins spécifiques des investisseurs privés dans les pays en développement (prêts, fonds propres, garanties et ingénierie financière).

Trente ans après sa création, avec des impacts positifs sur le développement et des résultats en progression constante, PROPARCO incarne la possibilité de financer dans ces pays des opérations économiquement viables, socialement équitables, soutenables sur le plan environnemental et financièrement rentables.

En 2008, l’activité de PROPARCO a connu une croissance de 32% par rapport à 2007, et a atteint un nouveau niveau historique d’engagements bruts de plus de 789 M€.
 

Faire face aux défis spécifiques des pays émergents et en développement

PROPARCO adapte géographiquement son approche et concentre son effort pour faire face à trois grands défis prioritaires : stimuler la croissance africaine, favoriser l’intégration régionale et l’emploi en Méditerranée, améliorer l’efficacité énergétique des grands pays émergents.
 

Une priorité : stimuler la croissance africaine

L’Afrique connait une croissance constante et soutenue depuis plusieurs années. 2008 a d’ailleurs confirmé cette tendance très positive, avec un taux de croissance moyen de 5.4% par rapport à 2007.
 
Cette croissance inédite, porteuse d’espoirs, ne suffit pourtant pas à atteindre les objectifs fixés de réduction de la pauvreté. Plus que jamais, le soutien accordé à la croissance en Afrique est la priorité de PROPARCO.
En 2008, PROPARCO a engagé 398 M€ (dont 280 M€ en Afrique subsaharienne) sur le continent, tout en concentrant cet investissement sur les premiers secteurs vecteurs d’une croissance durable en Afrique : le développement d’infrastructures fiables et accessibles, le financement direct des entreprises et le soutien aux entrepreneurs locaux, l’appui à l’intermédiation bancaire et financière, la préservation de l’environnement.
 

Cogénération bagasse au Kenya

Du fait de l’ouverture prochaine du marché du sucre kényan aux importations des pays du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) avec la suppression progressive des quotas d’importations dès 2010, Mumias Sugar Company (MSC), premier producteur national de sucre, a entamé un programme de révision de sa politique de production et de diversification de ses activités, notamment à travers la mise en place d’un projet de cogénération bagasse.
La société assure aujourd’hui sa quasi-indépendance énergétique grâce à la construction en 2000 d’une centrale de cogénération bagasse. Depuis mai 2005, elle vend au distributeur national d’électricité KPLC un excédent de production de l’ordre de 2MW. MSC souhaite poursuivre dans cette voie avec la construction d’une nouvelle centrale. Cela lui permettra de vendre près de 25MW à KPLC tout en valorisant les excédents de bagasse aujourd’hui inutilisés. PROPARCO finance l’intégralité du projet via un prêt senior de 35 M$ avec sous participation de l’AFD.
Ce projet a pour conséquence directe l’augmentation de la puissance énergétique du Kenya à travers le développement d’énergies renouvelables, réduisant ainsi les émissions de CO2 conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, ainsi que l’augmentation des revenus des planteurs. MSC envisage en effet d’effectuer une rétrocession aux planteurs de 10% de la valeur de l’électricité vendue.
 

Favoriser l’intégration régionale et l’emploi en Méditerranée

La zone Méditerranée et Moyen-Orient couverte par PROPARCO englobe l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, les Territoires palestiniens, la Syrie, la Tunisie, la Turquie et le Yémen.
 
Entre 2007 et 2008, la croissance moyenne des pays de cette région s’établit à 5%. Pourtant, près de 100 millions d’emplois devront être créés dans les vingt prochaines années pour faire face à la très forte croissance de la population, et toutes les études récentes mettent en évidence qu’une croissance constante de 7% suffirait à peine à maintenir le taux de chômage à son niveau actuel.
Les imperfections de marché, et notamment la défaillance de l’intermédiation financière, qui entravent le développement de cette pépinière d’emplois, sont les premiers objectifs de l’activité de PROPARCO dans la région. Le capital-investissement est une des réponses les mieux adaptées à cette situation.
PROPARCO privilégie l’accompagnement d’équipes locales qui permettent ainsi le développement d’un capital-investissement constant sur la zone.
 

Dynamiser le tissu régional  des PME au Maroc

L’accès aux ressources financières des PME dynamiques, notamment à travers le capital-investissement, est un enjeu important du développement des pays du Maghreb. Ainsi, en mai 2008, PROPARCO a pris une participation de 6 M€  dans le fonds de capital-investissement SGAM AI Kantara. Ce fonds, d’une taille totale de 150 M€, qui comprend  un véhicule d’investissement marocain,  investira dans les régions du Maghreb et du Machrek. Le fonds s’appuie à la fois sur une équipe locale, implantée au Maroc, en Tunisie et en Egypte, qui a une bonne connaissance de l’économie et des acteurs locaux, et sur une équipe basée à Paris au sein de SGAM disposant d’une expérience significative dans la structuration et le suivi de transactions de capital-investissement dans les économies émergentes.
L’équipe de gestion sur place cible des entreprises matures de taille moyenne. Le fonds doit réaliser entre 10 et 15 transactions de 5 à 15 M€ réparties dans divers zones géographiques. Ces investissements contribuent à dynamiser le tissu régional de PME. Il se positionne sur des opérations de capital-développement mais aussi de rachat ou de transmission pour renforcer la structure financière et la gouvernance de ces entreprises à une phase critique de leur développement. Dans tous les cas, le fonds s’implique de manière active dans la gestion et la gouvernance des entreprises du portefeuille.
 

Améliorer l’efficacité énergétique des pays émergents

Depuis 2004, PROPARCO a étendu ses opérations à la Chine, la Thaïlande, l’Indonésie, l’Inde, le Pakistan et le Brésil, et ouvert des bureaux dans plusieurs de ces pays.
 
La stratégie déployée par PROPARCO dans ces pays se concentrent sur la préservation de la biodiversité (notion qui représente l’ensemble des espèces vivantes présentes sur la Terre (plantes, animaux, micro-organismes, etc.), les communautés formées par ces espèces et les habitats dans lesquels ils vivent), la lutte contre les grandes pandémies et contre le changement climatique. Ce dernier axe rassemble la plupart des interventions de PROPARCO dans ces pays : énergies renouvelables (production ou fabrication d’équipements) et efficacité énergétique dans les entreprises. Toutes ses actions dans ces grands pays émergents doivent donc se mesurer en économies de carbone.
 
Production de compresseurs de gaz naturel pour le parc automobile au Brésil :
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est un des objectifs majeurs de l’intervention de PROPARCO dans les pays émergents. Le projet Aspro, qui promeut l’utilisation du gaz comme énergie alternative à l’essence pour le transport par route au Brésil s’inscrit dans cette démarche. Ce projet consiste à participer au travers d’un prêt senior au financement du rachat d’une entreprise de production de compresseurs de gaz naturel pour véhicules (GNV) commercialisés sous la marque Aspro.
Sur la base d’hypothèses conservatrices, l’équipe des environnementalistes de l’AFD estime que les compresseurs produits et vendus par Aspro dans le monde devraient permettre d’économiser 245 000 tonnes d’équivalent CO2 par an. 
 

Accompagner l’investissement à long terme dans les économies d’Outre-mer

Le développement du secteur productif et des services est le premier moteur de la croissance des économies d’Outre-mer. La création d’entreprises, leur développement harmonieux et le renforcement de leur compétitivité à l’échelle régionale sont le cœur des objectifs de l’activité de PROPARCO dans les collectivités ultramarines. Directement ou en intermédiation avec le système bancaire local, PROPARCO finance à long terme la croissance des Collectivités d’Outre-mer françaises.
PROPARCO a adopté une stratégie organisée autour de trois axes principaux :

Soutenir la croissance économique en accompagnant les banques à vocation régionale dans le financement à long terme de l’économie,

Lutter contre les inégalités en contribuant à la création d’emplois par le soutien au secteur productif  et de services (notamment touristique) des Collectivités ultramarines,

Contribuer à la préservation de l’environnement par le financement de projets de développement des énergies renouvelables et d’infrastructures.

En 2008, les projets financés par PROPARCO dans les Collectivités d’Outre-mer ont concerné le renforcement de banques locales en Nouvelle-Calédonie et en Haïti, ou la réduction de la fracture numérique dans les Antilles françaises.
 

L’appui de PROPARCO pour favoriser le développement de l’intermédiation bancaire en Nouvelle-Calédonie :

Du fait de l’absence de marché interbancaire en Nouvelle-Calédonie, les banques locales sont dépendantes de leur maison mère en métropole. Dans un contexte de crise financière aigüe, PROPARCO a souhaité soutenir le marché bancaire calédonien et plus particulièrement la Banque Calédonienne d’Investissement (BCI), ancienne filiale de l’AFD orientée vers le développement du secteur productif en mettant en place une nouvelle ligne de crédit de 20 M€ sur 15 ans. L’intervention de PROPARCO a pour objet de permettre à la BCI de continuer à financer les besoins de ses clients à des conditions n’entravant pas leur activité et ainsi de soutenir l’ensemble de l’économie calédonienne.
Par son action, PROPARCO contribue également à réduire le déséquilibre chronique emploi/ressource observé sur le marché calédonien et à favoriser ainsi le développement de l’intermédiation bancaire sur le territoire. 

Sélectionner les projets pour leurs impacts 

PROPARCO sélectionne d’abord les projets financés en fonction de leur contribution au développement. A ce premier critère de choix s’ajoute une contrainte positive : leur viabilité économique et financière.
 
Favoriser l’accès du plus grand nombre aux services bancaires et financiers
En soutenant les différentes banques ou systèmes financiers des pays en développement, PROPARCO donne aux acteurs bancaires et financiers locaux les moyens de dynamiser par eux-mêmes le tissu économique de leur pays. En 2008, PROPARCO a engagé 400 M€ en faveur des établissements de crédit et autres institutions financières, un chiffre en hausse de 64% par rapport à 2007. 
 

Financer les infrastructures indispensables à la croissance

L’accessibilité aux infrastructures de base et la fiabilité des services rendus sont bien souvent le préalable indispensable à l’attractivité d’un territoire, à la croissance de son économie et aux progrès sociaux des populations qui y vivent. Qu’il soit question d’accès à l’énergie, aux télécommunications ou aux moyens de transport modernes, PROPARCO finance des projets d’élargissement de l’accès à un service de qualité. Dans le domaine de l’accès à l’énergie, ces financements se font dans le respect de l’environnement, à travers des projets d’utilisation de sources d’énergie renouvelable ou la promotion d’une plus grande efficacité énergétique. 

Soutenir le secteur productif et les services

Plus que jamais, PROPARCO concentre son effort sur le financement d’investissements dédiés à l’amélioration des rendements productifs et de la qualité de l’environnement pour les employés à travers la modernisation des équipements et la diversification des activités. Les entreprises ainsi financées vont des grands groupes industriels internationaux désireux de s’implanter ou de se développer dans des zones difficiles aux grands groupes industriels locaux contrôlant souvent une filière nationale ou régionale, en passant par les entreprises locales, grandes et moyennes, qu’elles soient en création ou en phase active de développement. Enfin, tous les projets financés doivent participer à la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises, notamment par la prise en compte systématique de la protection de l’environnement, de la préservation de la biodiversité et de l’amélioration de leur gouvernance.